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Une plateforme gèle vos retraits, se fait pirater, ou dépose son bilan. Ce que cela change dans votre déclaration dépend entièrement de la situation au 31 décembre — et de ce que vous avez documenté.
En fortune privée, les gains en capital sont exonérés, et en contrepartie les pertes ne sont pas déductibles. Ni un piratage, ni une faillite de plateforme, ni une clé perdue ne réduisent votre impôt sur le revenu. C'est le prix de l'exonération, et il n'y a pas d'exception pour les circonstances malheureuses.
Ce qu'un incident modifie, c'est votre déclaration de fortune, établie d'après la situation à la fin de la période fiscale. La question n'est donc jamais « puis-je déduire ma perte », mais « que possédais-je exactement au 31 décembre, et à quelle valeur ».
Une exception existe : si vous êtes qualifié de commerçant professionnel de titres, vos gains deviennent imposables et vos pertes déductibles. Ce statut ne se choisit pas, il se constate.
Les retraits ont rouvert, la plateforme a couvert la perte, votre solde est intact.
La plateforme est solvable, mais les retraits ne sont pas rouverts au 31 décembre.
La plateforme n'a pas pu couvrir la perte et entre en liquidation.
C'est le cas le plus délicat, et celui sur lequel les lecteurs se trompent le plus. Une créance ne se déclare pas à son montant nominal si elle ne vaut manifestement pas ce montant — mais elle ne disparaît pas non plus de votre fortune parce que son recouvrement est douteux.
Si aucune indication n'est disponible, dites-le dans votre note plutôt que d'avancer un chiffre inventé. Une administration accepte volontiers une évaluation prudente et documentée ; elle accepte mal un montant sans explication.
Une plateforme suisse n'est pas une plateforme étrangère. Si une plateforme établie en Suisse fait faillite et que vos cryptoactifs y étaient conservés de manière individualisable, la loi permet de les distraire de la masse : vous en restez propriétaire et les déclarez au cours de fin d'année, comme si de rien n'était. Cette possibilité relève du droit suisse de l'exécution forcée et ne vous aide pas face à une procédure ouverte à l'étranger — ce qui est le cas de la grande majorité des plateformes.
Un remboursement n'est pas un revenu. Si un fonds de protection ou un liquidateur vous verse une indemnité, ce versement remplace un capital que vous possédiez déjà. Il ne constitue pas un revenu imposable. Une éventuelle part d'intérêts versée en plus est une autre question, et elle n'est pas tranchée : soumettez-la à votre administration cantonale.
Un portefeuille personnel piraté se traite différemment. Si ce sont vos propres clés qui ont été compromises et vos jetons transférés, vous ne possédez plus rien : ils sortent simplement de votre fortune au 31 décembre. Il n'y a ni créance à évaluer, ni perte à déduire. Conservez néanmoins la trace de l'incident — adresse de destination, date, dépôt de plainte éventuel — car la disparition d'un montant important de vos déclarations successives appelle une explication.
Tout ce qui précède suppose que vous puissiez prouver ce que vous déteniez. Les plateformes en difficulté ferment leurs interfaces, coupent les exports, parfois disparaissent. Ce que vous ne capturez pas dans les premières heures est souvent perdu.
La pratique varie d'un canton à l'autre, en particulier sur la décote pour illiquidité et sur l'évaluation d'une créance douteuse. Avant de retenir une valeur réduite pour un montant important, une question écrite à votre administration cantonale vaut mieux qu'une position devinée.
Le guide Comprendre expose en trente-trois pages les règles de base : fortune, revenus, et frontière avec l'activité professionnelle. Il est gratuit.
Cette page est née de la newsletter du 30 septembre 2026 consacrée au piratage de Bitget, à lire ici.